Vendredi Sep 10

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Interviews

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Hardcore Basic en 2009 : peux-tu te présenter et présenter les gens qui font tourner le site avec toi ?

Hoolz : Julien aka Hoolz, un pseudo auquel il ne faut surtout pas se fier car dans la vraie vie je suis doux comme un agneau. Je suis le président de l’association, j’ai 28 ans, originaire de Nantes mais je vis à Paris depuis peu.
Hardcore Basic a été lancé il y a cinq ans grâce à un ami webdesigner et en collaboration avec l’ensemble du crew Metapsykose, sound system nantais qui organisait des soirées dans l’ouest entre 99 et 04. Ensuite nous avons stoppé l’organisation de soirées et j’ai créé l’association Hardcore Basic avec deux potes : Dr Doom le webdsigner et Ben L’abeille qui est trésorier.
Aujourd’hui, les gens qui font tourner le site sont toujours les mêmes, des anciens de Metapsykose, des gens rencontrés en soirée ou sur le forum qui au coup par coup acceptent de s’investir.

Quel était votre idée de départ et vos motivations quand vous avez fondé Hardcore Basic ?

Hoolz : Notre idée première était de créer une plateforme d’information et de rencontre pour les amateurs de musiques électroniques dures et binaires.
Notre but à toujours été d’être généraliste dans notre approche de cette musique et bien qu’ayant des styles de prédilection, nous voulions que toutes les scènes se rencontrent et puissent faire leur promotion.

Aujourd'hui, quelle place voudrais-tu que Hardcore Basic occupe sur la scène Hardcore française en tant que média de la communauté ?

Hoolz : Nous voulons juste rester à notre place : un site qui fait bien le lien entre les artistes et le public. Un site ouvert à tous permettant aux associations et artistes de faire découvrir leurs activités.
Dans la construction d’une future version 2, nous voulons encore renforcer cet aspect communautaire et participatif. Ce qui nous intéresse dans le net, c’est la capacité qu’a ce média pour créer des rencontres et pour permettre à chacun de se faire connaître dans ses activités musicales. Pour le public, c’est aussi le moyen le plus simple pour trouver de l’info.

Quelles évolutions comptes-tu apporter à Hardcore Basic pour le rendre plus efficace ?

Hoolz : Je veux vraiment garder l’esprit communauté en gardant une indépendance totale par rapport aux acteurs de la scène. L’idée est de laisser la possibilité à chacun de s’exprimer, de faire découvrir son travail, de faire sa promo. Tous les membres pourront donc poster des news, mettre une soirée dans l’agenda, proposer leurs productions en libre accès, soumettre un lien. Le forum restera la partie centrale du site car c’est pour moi primordial de garder cet outil qui permet rencontres, échanges d’idées, débats, ventes/trocs de skeuds…bref une vraie petite vie virtuelle entre coreux ;)

Tu viens de Nantes. Peux-tu dresser un panorama de la scène de là-bas ?

N’habitant plus sur Nantes depuis plus de 3 ans, je n’ai pas une vision précise sur l’actualité de la scène hardcore dans cette ville.
Je sais qu’il n’y a plus beaucoup de soirées payantes et de qualité dans cette ville.
Trop d’organisateurs se sont plantés financièrement et ne veulent plus remettre le couvert.
Pourtant, il reste pas mal de salles et de lieux qui potentiellement seraient ouverts pour refaire des soirées. Reste à savoir s’il y a une relève côté orga. Et coté public ?
En ce qui concerne les soirées organisées, il y a eu quelques grosses soirées à tendance hardcore au parc Expo où dans des clubs comme L’Olympic, le Floride, Le Calysto qui ont vu défiler pas mal de ravers. Personnellement, je regrette le club, le « Grand Duc » en Vendée où tous les week-ends il y avait des soirées avec souvent de très bons plateaux.
Actuellement, les free parties subsistent tout autour de la ville et recrutent les nouveaux entrants.
Au fond cela n’a pas beaucoup changé car la scène nantaise à toujours été très « Free Party » avec des sons comme Karbon 14, Checkpoint, DSP, Rond Croix, Bordelik Armada pour citer ceux qui me passent par la tête.
Personnellement j’ai découvert les raves en 97 et je me rappelle qu’à cette période tous les samedis soirs on avait le choix entre trois ou quatre soirées en proche banlieue. Nous allions toujours dans les mêmes lieux, assurés d’y trouver une soirée. Il y avait aussi une bonne connexion avec Rennes et beaucoup de soirées se passaient entre ces deux villes.

Qu'as-tu constaté comme évolutions sur la scène française depuis le point de vue privilégié que te donne Hardcore Basic ?

Hoolz : Ces dernières années, il y a un véritable engouement pour des styles comme le Gabber ou le Hardstyle. Des jeunes français entrent dans le Hardcore après une première soirée en Hollande, aidés par des crews qui voyagent de façon organisée. C’est un public neuf qui bien souvent n’a aucun passif dans le hardcore français.
De façon générale grâce à ces nouveaux entrants, j’ai l’impression que la masse de public à graviter autour de la scène Française augmente car les autres scènes gardent leur public.
La scène Speedcore continue à vivre grâce à la motivation de valeurs sûres et une originalité dans l’approche artistique de la musique.
Le Frenchcore continue à bien fonctionner et les évents dédiés à ce style attirent toujours le public free party.
Seul bémol, même si certaines soirées continuent à faire le plein, la consommation de médias CD/Vinyle est en chute libre. Du coté des initiatives de labels français c’est donc le calme plat !

Quelle fut la soirée qui t'a fait définitivement basculer dans le hardcore ? Peux-tu la raconter en quelques mots, pour qu'on comprenne comment Julien est devenu Hoolz par la grâce des beats hardcore..?

Hoolz : Ma mutation s’est plutôt en plusieurs phases ;)

97 : Un premier contact avec la rave en marge des Transmusicales. L’esprit m’a tout de suite fasciné. Je me souviens que les gens dansaient en petit groupe et l’ambiance était ultra conviviale. De retour sur Nantes après cette nouvelle expérience, nous avons enchaîné les soirées, presque tous les week-ends, dans les entrepôts des bords de Loire ou sous le pont de Cheviré (spéciale dédicace ;).
J’ai tout de suite eu une préférence pour le Hardcore. A l’époque je suivais la scène Death, Thrash, HxC Punk et c’est logiquement le son dans lequel j’ai le plus trouvé d’énergie.

99 : Un premier teknival à coté de Nantes. Une claque ! L’évènement qui m’a donné envie de passer de l’autre côté et d’organiser des soirées.

2001 : La révélation. Une première soirée en Hollande. Raving Nightmare !
La découverte d’un power extraordinaire. La sono tapait tellement fort qu’on est tous revenus avec des acouphènes en France. On se disait non stop « mais c’est des malades ces hollandais !!! » C’était aussi la redécouverte d’un son tombé dans les oubliettes de l’enfance : le Gabber qu’on avait tous écouté sur des compils Thunderdome ou Terrordrome !!
On est revenu gonflés à bloc et avec des skeuds plein le coffre et on a tout de suite réorienté complètement la musique qu’on passait en soirée avec clairement une préférence pour les sons oldschool/rave.
Depuis on essaye d’y retourner deux-trois fois par an car c’est vraiment toujours là-bas que ça se passe !!!

On arrive à la fin de la décennie 2000. Que retiendras-tu de celle-ci, au niveau des soirées, de l'évolution de la musique, de la scène ? Qu'attends-tu de la décennie 2010 ?

Hoolz : Souvent annoncée comme moribonde en France, la scène Hardcore à toujours su trouver au dernier moment un souffle neuf pour rebondir. Et ce, grâce à de multiples initiatives naissants de façon incontrôlée.
C'est ça la force de la scène française, sa flexibilité et sa capacité d'adaptation.
Cependant elle n'a jamais connu d'heure de gloire et n'a jamais provoqué un engouement massif du public contrairement à ce qui a pu se passer dans d'autres pays.
Le contexte répressif qui à toujours existé vis à vis des musiques électro alternatives n'à jamais aidé non plus à faire grandir le bébé.

En ce qui concerne la musique en elle même, le Hardcore français à toujours eu une identité très forte, celle d'un son underground à dominante industrielle allant du Frenchcore très dancefloor au Speedcore le plus brutal. Ces dernières années ont aussi vu apparaître de nouveaux noms produisant des sons influencés par le Hardcore hollandais ou le Gabber.
Dans tous les cas, l'évolution de la production musicale ne va pas dans le bons sens car l'actualité des labels français est quasi vierge actuellement.

Pour les prochaines années, je souhaiterai voir réapparaitre des raves dans des parcs expo ou dans de vraies grosses salles. J'espère que les teknivals qui entament chaque année un peu plus l'image de la Techno en France vont stopper. Il faut que les soirées gagnent en qualité à tous les niveaux : la sono, la déco et l'ensemble des prestas qu'est en droit d'attendre un public digne de ce nom.

Pour la musique, je ne suis pas inquiet car le Hardcore évolue tout doucement et des renouvellements vont arriver naturellement avec de nouvelles tendances, de nouvelles sonorités...

Ton top 5 des maxis de tous les temps et de tous les pays ?

Hoolz : Brut de fonderie et à l'ancienne...

Laurent Hô – “Tools For Thought” (Epiteth 01)
Temper Tantrum – “Uncontrolable Fit EP” (IS 23)
UVC – “Ultra Violent Core” (IS 42)
Neophyte – “Execute” (Rotterdam rec. 50)
Bold Bob – “Dive Into Steel EP” (Kotzaak 9)

Propos recueillis par Speedloader
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"Nos équipements laser nous permettent de faire les choses en grand et d'en mettre plein les yeux !"

Hard-Zone s’associe à Bass Nation le 19 septembre à la soirée Megarave à l’Elysée-Montmartre. La team mettra en oeuvre ses talents en matière d'animation visuelle. A cette occasion, les membres du crew parisien nous ont fait le plaisir de répondre à quelques questions.

En effet, fondé en 2006, le sound-system composé de DJs, d’une Directrice artistique et d’un créateur d’ambiance visuelle, s’est illustré à de nombreuses reprises par sa créativité en matière d’animation Lights/Visuels dans ses soirées et dans d’autres évènements.

Car l’énergie combinée à la culture musicale et l’envie d’en faire positivement baver au public amène l’équipe Hard-Zone à piloter manuellement et en direct un dispositif de lasers, stroboscopes, projecteurs et autres machines à fumée. Ou quand un dancefloor transformé en cœur du soleil enfumé s’assombrit d’un coup quand la musique bascule des rythmes vers les breaks…

L’association lights-musique prend donc tout son sens avec cette équipe de passionnés aussi à l’aise dans des évènements electro, trance que drum ou hardcore. La scène électronique peut compter sur leur professionnalisme pour participer à élever le niveau d’un évènement. Bass Nation remercie donc Hard-Zone d’avoir accepté d’être partenaire de la soirée Megarave du 19 septembre 2009.



Quand avez-vous fondé Hard-Zone, et quelle était votre vision quand vous avez démarré ?
Hard-Zone : Le sound-system a été créé fin 2006. Notre vision principale : faire découvrir la musique électronique dans des lieux conviviaux toujours légaux mais aussi promouvoir une musique qui nous est chère à tous.

Pouvez-vous présenter les membres de Hard-Zone, avec un gros plan sur leurs spécificités musicales ?
Dj D-KER : Président et staff technique. En charge des bookings Drum, Hardcore. Mixe : Techno, Trance, Hard-Acid, Hardcore.
Dj PTIT DUM DUM : Membre actif et staff technique. En charge des bookings Techno, Hardtech, Hardcore. Mixe : Techno, Hardtek, Tribe, Hardcore/Frenchcore.
Dj BIZZNIZZ : Constructeur du son et staff technique. En charge des bookings Drum. Mixe : Dubstep/Jungle/Drum'n'Bass.
L-DY NESS : trésorière et secrétaire. En charge des bookings spectacles vivants professionnels. Artwork : flyers, t-shirts, deco. Webmaster.
HADES : Membre actif et staff technique. Mixe : Hardcore: Doom, Rave, Darkcore, Gabber, UK style, Oldschool, Speedcore.
LIVELIGHT : Technicien lumière et membre actif. Intermittent du spectacle et performer visuel. Créateur d'ambiance.



Comment êtes-vous arrivés au hardcore ? Quel est votre parcours musical ?
Dj D-Ker aka Crazyhead : j’ai découvert la techno en Algérie en 1994. A mon arrivée en France (1996) j’ai découvert les freeparty d'abord hardcore puis d'autres styles de musique électronique (techno, acid , trance, drum, etc...). J’ai commence à mixer en 1999 des sons acid et hardcore, puis la trance et la techno grâce à ma rencontre du collectif Tashidelek sur la période 2000/2003. N'oubliant pas le hardcore, j’ai participé début 2006 à la création du sound system Hard-Zone pour lequel j’ai dépensé beaucoup d'énergie ! J’ai joué à l'époque dans plusieurs soirées trance parisiennes et plus récemment dans des plus grosses soirées hardcore comme la Hardess à la Loco ou Hardcore Trips aux Caves Lechapelais.

Hades : j’ai eu mes premiers contacts avec le hardcore grâce aux compilations Thunderdome en 1995. Ensuite j’ai parcouru les free à partir de 1997 et surtout les soirées organisées par les sound systems parisiens les plus violents musicalement. Fin 1999 j’ai decide de m’offrir une paire de platines afin de faire mes propres compiles et de me faire plaisir sur les potentiomètres ! Quelques années plus tard j’ai mixé en teknival sur des sons comme celui des Teknomads, et j’ai lâché quelques webmixs telechargés des centaines de fois. En 2006 je rencontre D-Ker,L-Dy Ness, P'tit Dum Dum et Bizznizz et j’ai participé au développement du sound system. Je mixe régulièrement dans les soirées parisiennes de Hard-Zone et d'autres associations (ex: 07/2009 La Loco/Cyberkoin), également depuis 2009 il participe aux émissions de radio Dance2Decade sur Fear.FM.

P'tit Dum Dum : je suis issu des freeparties et suis un ancien membre du collectif Atypik. J’écume les teufs depuis 1996. Je suis grand fan de hardtechno, de tribe et de frenchcore. Je commence à mixer à partir de 2003 les sons que j’aime. En 2006 je participe également à la création du sound system et mix depuis régulièrement dans les soirées de la capitale.



Après trois ans d'expérience, quels sont vos projets pour les années à venir ? Quel message, quelles promesses adressez-vous au public ?
Hard-Zone : Nous voulons organiser des soirées avec de plus en plus de capacité et améliorer d'avantage la qualité de celles-ci. Nous avons déjà des projets avec d'autres associations ou sound systems qui prendront forme petit à petit... cela n'est qu'une question de temps, et nous espérons pouvoir amener de plus en plus de nom connus que l'on vois rarement sur Paris ! ...Et on est super motivés !

Vous animez une résidence régulière à la Régence. Quels enseignements sur la scène parisienne pouvez-vous tirer de cette expérience ?
Hard-Zone : Il nous a été évident que le public est bel et bien là mais qu'il faut savoir le motiver en offrant des évènements de qualité qu'il soit grands ou petits !

Livelight et le staff Hard-Zone interviennent souvent dans des évènements en tous genres pour y réaliser des ambiances à grands coups de lights et de lasers. Pouvez-vous nous en parler un peu plus ?
Hard-Zone : Livelight a pris plaisir à découvrir un autre aspect de la musique et une plus grande liberté pour créer des ambiances et exprimer son art visuel sans retenue. Nous avons constaté que les lights et les lasers font partie intégrante d'un spectacle vivant et contribuent en grande partie à la réussite d'un évènement... c'est pourquoi Hard-Zone ne conçoit pas de soirée sans lights spectaculaires pilotés en direct et pas par un logiciel !

Et votre style ? Pouvez-vous décrire celui-ci en quelques mots ?
Hard-Zone : Côté artistique, nous avons la chance d'avoir parmi nous un expert qui sait parfaitement retranscrire une ambiance musicale en ombres et lumières afin de parfaire le tout d'une manière originale ; de plus nos équipements laser nous permettent de faire les choses en grand et d'en mettre plein les yeux !!!

Propos recueillis par Speedloader
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Avant leur mix en duo à la soirée Megarave du 19 septembre, Miss Tiffy et the Snipper nous ont accordé quelques instants. Qui sont-ils, qu’est-ce qui motive leur association Urban Poison, que se passe-t-il sur la scène Hardcore de l’est de la France en 2009 ?

Où l’on découvre des artistes aussi passionnés que lucides… Car si leurs qualités de DJ sont reconnues par un public croissant, Fanny et Greg veulent s’investir toujours plus dans la construction d’une scène de l’est qui, au début des années 2000, fut le volcan des soirées Hardcore françaises.





Fanny (Miss Tiffy) et Greg (The Snipper), vous êtes très actifs avec votre association Urban Poison, dans les Vosges. Pouvez-vous présenter l’association ?

Urban Poison est une association loi 1901 qui a pour objectifs de promouvoir notre musique via des événements de plus en plus importants afin de prouver à tous les détracteurs de la musique électronique, que celle-ci n'est pas qu'un rassemblement de jeunes toxicomanes et de délinquants, mais plutôt un regroupement de jeunes passionnés autour d'une même culture. Notre ambition est la production musicale afin d'exporter notre son et notre culture artistique le plus loin possible.
Pour le futur, du très bon arrive pour 2010, vous en saurez plus certainement très bientôt mais pour le moment nous préférons rester discrets.

Comment chacun de vous en est arrivé là, depuis la première soirée où vous êtes allés ?

Fanny : Comment suis-je arrivée là ? Mon premier contact avec la musique électronique c'était en 1999, à la Techno Parade ! (Hallucinant ! Je viens de me rendre compte que 10 ans après je vais mixer pour cette occasion ! Trop bien ! Comme quoi le destin !). Ca été tout de suite le coup de coeur
donc j'ai enchainé les soirées dans notre région (car à cette époque on était gâtés, des soirées tous les weekends) et j'ai rapidement compris que j'avais un penchant pour le Hardcore (petit clin d'oeil aux Manga Core, Récidive, Terror Machine, Halloween, Anxiogène - merci à eux.

En 2001 j'ai fait la rencontre de Jason aka Pi-h et on décida avec d'autres potes mordus par le Hardcore de créer l'association Urban Poison. Voilà la machine était lancée et elle ne s'est toujours pas arrêtée ! Après plusieurs années d'organisation chaque Dj affirme sa personnalité aussi bien dans
l'organisation que dans son style de musique. Jason aka Pi-h le perfectionniste, gère le forum et la création des flyers, The Snipper l'optimiste et le motivateur de la troupe, recherche les salles et les plans, Nebuck le révolté et le plus expérimenté dans la composition, gère notre site internet et No Limit l'autodidacte gère la création des teasers et trailers. Moi j'interviens plutôt au moment de l'organisation de nos soirées et j'apporte aussi une petite pointe de féminité au sein de notre
"noyau dur". Voilà chacun a sa place et son rôle.

Donc en 8 ans nous avons orchestré en moyenne 4 à 5 concerts par an. Il y a eu des hauts et des bas mais nous n'avons jamais baissé les bras. Et dans un futur proche j'espère, on a tous la même envie c'est de créer notre label... à suivre...
Et en ce qui me concerne tout a commencé vraiment en 2002, je décidai de me lancer dans le mix (merci à Jason pour ses conseils et sa patience, je tenais à le préciser...). En 2003, mon premier mix en public (inoubliable moment....mais en réfléchissant il y a en beaucoup d'autres....). Après les bookings se sont enchainés, essentiellement dans l'est de la France.

2005 sortie du "Project Est" sous le label Altern-hate. Un track avec Tieum (intitulé "Remich" ) ainsi qu'un track avec Bartoch (intitulé "Crystal Motion"). Ca été une superbe expérience.

2008 sortie de PKGCD 43, un mix Gabber / Indus.



Greg : Pour ma part tout commence au printemps 2001. Quelques-uns de mes amis fréquentaient déjà les grosses raves qui se faisaient en Lorraine (Pulsamix, Hardcore Symphonie, etc ...). J'étais Dj résident dans une petite boîte vosgienne donc pas réellement l'occasion d'assister à l'une de ces fêtes qui m'était totalement inconnues. Mais l'envie d'aller découvrir ce nouveau phénomène ne manquait pas, suite aux récits des soirées que mes amis me faisaient. Au bout d'un moment j'ai craqué et je suis allé voir par moi même. Je me rappel encore, c'etait une "Oniroblast" organisée par les Endokrin en extérieur, avec un sound system de 40KW, un mur de son énorme avec un plateau d'artistes comme Al Core et justement quelques membres d’Urban Poison à deux pas de chez moi. Je n'avais jamais vu ça et j'ai tout simplement scotché, j'ai pris une claque monumentale.

Ensuite j'ai jonglé pendant une année entre ma passion que je vivais déjà en discothèque et une nouvelle, la teuf, qui très vite me convertira totalement à ce style de soirée. Mes débuts en tant que Dj dans ce nouveau milieu se sont fait dans un premier temps avec un petit crew vosgien, Korpulence. L'aventure avec eux a duré environ deux ans. C'est ainsi que j'ai découvert une de mes autres passions, l'organisation de soirées.

Ma rencontre avec Urban Poison se fit ensuite car à l'époque Pi-h (Jason), Miss Tiffy, Nebuck et Minch (un des deux artistes de The Mastery) faisaient déjà pas mal de bruit dans le Nord-Est et j'en étais tout simplement fan ce qui m'a naturellement amené à les inviter à jouer dans une petite soirée.
Suite à ça je suis rentré en 2003 chez Urban Poison en tant que vice-président de l'association. Depuis, avec mes compères, cela fait six ans qu'on oeuvre sans relâche et avec une motivation toujours grandissante pour le mouvement Hardcore vosgien dans un premier temps, et ensuite lorrain, en organisant de multiples soirées plus ou moins importantes.



Côté artistique personnel maintenant : Quels sont les DJ (ou les lives) qui vous ont le plus impressionné depuis toutes ces années ? Plus largement, quelles sont vos influences musicales, en remontant à l'époque d'avant votre rencontre avec le Hardcore ?

Fanny : Mes influences ? C'est difficile de répondre à cette question car je peux aussi bien écouter des choses complètement barrées du style CocoRosie, Björk... et ensuite passer à du Birdy Nam Nam ou Grand Corps Malade... des styles musicaux qui n'ont rien à voir ensemble. Sinon plus jeune j'écoutais aussi beaucoup de Ragga / Reggae / Rap. Donc je n'ai pas vraiment d'influence bien définie, c'est tout un ensemble. Et maintenant il y a tellement de styles musicaux différents qu'il est difficile de se renfermer dans un seul et même registre.

Au niveau de l'inspiration de la construction de mes mix c'est mon inspiration du moment. Après c'est sûr il y a des artistes qui figurent régulièrement dans mes tracklistings comme Tymon, Broken Rules, Triax, Genesis Projection... car ils me font plus vibrer que d'autres mais au final c'est le mélange de mes goûts et de mon humeur qui va nourrir mon mix. Le DJ le plus impressionnant restera pour moi The Producer.

Greg : Mon parcours musical est assez large. Avant même que je me lance dans le deejaying, mon père faisait de la disco mobile (il animait des mariages, bals de villages etc...). Dès mon plus jeune âge j'étais déjà dans le bain. Dès que je le pouvais, je l'accompagnais. Je me suis toujours dit que je serais DJ. J'ai toujours été assez généraliste niveau musical. Mais des les débuts de la techno des années 90, j'ai tout de suite accroché tout en restant assez ouvert à d'autres styles musicaux comme le Hard-Rock, le Metal, la Variété Française et Internationale, le Hip-Hop et j'en passe (voici quelques uns des artistes que j'écoutais avant d'arriver au Hardcore : AC/DC, Nirvana, Red Hot Chili Peppers, Deep Purple, Iron Maiden, Thiéfaine, U2, Blink 182, Dr Dre, Snoop Dogg, The Prodigy, Embargo, Faithless, etc, etc...). Ensuite comme beaucoup de monde, je me suis acheté quelques compiles Thunderdome que j'écoutais en boucle dans ma voiture. Ma vrai rencontre avec le Hardcore se fera seulement après quelques années de résidence dans plusieurs discothèques vosgiennes.

Les Dj sets ou Lives en soirées qui m'ont le plus impressionné ? Le live d'Hellfish à la Deeday 2002 au Zenith de Nancy sur la scène extérieure. Quasiment tous les sets de The Producer et de Radium que j'ai pu écouter. Le set de Nosferatu aux 15 ans de la Thunderdome en décembre 2007, le concert
des Birdy NamNam au NJP 2008, Le concert de Prodigy aux Eurockéennes de Belfort de cette année pour ne citer que ceux là.

Je n'ai pas tellement de modèles en mix. Peut être un peu à mes débuts dans le Hardcore, Jason m'a appris quelques ficelles. Depuis j'essaie d'améliorer constamment ma technique de mix. Mon inspiration varie fréquemment. Je joue des mix plus au moins agressifs dans la sélection de disques et dans la technique selon mon humeur. C'est pour cela que je ne me restreins pas qu'à un seul style de Hardcore (Indus, Gabber, Darkcore sont quelques uns des styles que j'affectionne et que j'adore jouer).



Au début des années 2000, l'Est de la France était considéré par le reste du pays comme l'Eldorado du Hardcore, puisqu'il y avait souvent de grosses soirées. Qu'en est-il de la scène de l'est aujourd'hui ? Est-ce toujours la terre promise du Hardcore français ?

Nous dirions même plus, il y a quelques années le Nord-Est était considéré comme la capitale du Hardcore. En effet le début des années 2000 a été très riche en termes de grosses soirées pour nous et nous avions un public de vrais passionnés. La bonne époque ! Nous ne pouvons plus dire ceci maintenant mais nous tenons tout de même une bonne place dans le pays car il y a toujours pas mal d'activités au niveau Hardcore mais à plus petite échelle. Les grosses soirées se font assez rares maintenant, cela est certainement la cause d'une diminution assez brusque en 2005-2006 de la fréquentation de ces soirées ce qui a fait plus ou moins fuir les gros organisateurs. Nous remarquons tous de même, une nette amélioration depuis aout 2008 sur nos soirées et avons le sentiment que la saison hivernale 2009-2010 va être riche en rebondissements. Il ne nous reste plus qu'a rééduquer le public Hardcore lorrain. Depuis plusieurs mois on ressent une forte solidarité entre les associations ainsi que de plus en plus de projets en coorganisation.(c'est très encourageant).

Pour quelles raisons la fréquentation des soirées a beaucoup baissé dans votre région en 2005-2006 ?

Fanny : Il y a eu une période où beaucoup de personnes pensaient pouvoir organiser des soirées (sans avoir d’expérience) juste dans le but de se faire du bénéfice, du coup beaucoup de petites soirées étaient organisées un peu partout dans l'est de la France, ce qui à divisé le public et a augmenté la rivalité entre les différents organisateurs (différentes associations). Mais avec du recul (2, 3 ans après) on entend plus parler des ces mêmes associations. Les lois françaises sont aussi en partie la cause (un amalgame est fait entre soirées organisées et soirée illégales...tout le monde dans le même sac !). Il y a aussi beaucoup de restrictions donc de plus en plus de difficultés à organiser des soirées légales. De ce fait beaucoup d'organisateurs se sont dirigés vers des soirées illégales (gratuites) et le public a suivi aussi.

Greg : Cela dépend de quelles soirées on parle. A notre niveau, je pense qu'à cette période il y a eu une migration des teufeurs vers les soirées gratuites... Mais il y a encore régulièrement des soirées Audiogenic qui marchent toujours très bien dans notre région, bravo à eux d'ailleurs pour leur activisme.

Vous êtes deux DJ expérimentés, dont les parcours respectifs vous ont amené au Hardcore. Vous jouez beaucoup de tracks hollandais, plutôt industriels. Que pensez-vous de la vague hollandaise qui s'est répandue en France, autant du côté des DJ que du côté du public ?

Fanny : J'ai toujours eu une influence Gabber Indus donc je peux être que satisfaite de l'engouement de ce style de musique en France. Et là je ne parle pas que de la Hollande, mais je fais référence aussi de l'Italie pour Traxtorm, des US pour Industrial Strength. Pourquoi cette vague hollandaise ? Depuis des années les grosses soirées hardcore sont à l'affiche tous les weekends en Hollande. C'est une culture grandissante qui a dépassé les frontières.

Greg : Si tu parles de l'enjouement que les français ont pour les soirées hollandaises, je dirais que c'est très positif pour le mouvement techno français tant que ses acteurs ne perdront pas de vue qu'ici il se fait de très bonnes soirées également, certes pour le moment à moins fort budget qu'en Hollande mais tout de même de très bonne qualité. Il ne faut pas oublier qu'ici en France, des dizaines d'organisations s'activent depuis des années à proposer des événements tout a fait respectables et qui ne demandent qu'à pouvoir évoluer afin de pouvoir offrir de vrais gros events made in France. Mais ceci est possible seulement si le public Hardcore suit ces organisateurs en participants régulièrement aux soirées présentées.

Quel est votre regard sur ces fameuses soirées hollandaises, ces évènements parfois gigantesques, en tous cas toujours spectaculaires par leur ambiance ?

Fanny : Ah les soirées hollandaises, quel bonheur ! On y va une à deux fois par an et à chaque fois on s'en prend plein des oreilles et les yeux. Et c'est durant ces soirées qu'on peut entendre les nouveautés (au niveau des sons) et la tendance musicale des prochains mois. Le seul point négatif, trop monde car je suis un peu claustro !

Greg : Pour ma part, j'y vais assez régulièrement depuis deux ans environ et bien sûr je suis impressionné a chaque fois. Ce n'est pour l'instant pas comparable avec nos soirées mais qui sait peut être que dans le futur nous pourrons en faire autant... Dans tout les cas des événements comme la Megarave French Edition pourraient bien être un bon commencement. C'est à espérer...

Est-ce que vous travaillez à la production de tracks en ce moment ? Allez-vous développer un label Urban Poison, alors même que sortir du vinyl devient de plus en plus risqué ?

Fanny : Beaucoup de mix, un peu de prod (sur mon dernier CD mixé sur Urban Poison il y a mon dernier track, du genre Indus). Sinon je consacre beaucoup de temps à la construction de mes mix. Il faut que ça soit progressif et cohérent. L’idée de créer un label est bien dans nos pensées. Certes le support vinyle est de plus en plus en péril, c'est sûr que maintenant il faut penser à s'orienter vers le numérique mais la création d'un label ne se rattache pas seulement à la production. C'est tout un concept (une entreprise) à développer (production, soirée, promo, merchandising...) donc je pense que c'est encore réalisable.

Greg : Je rejoins ce que Fanny vient de dire. Beaucoup de mix et un petit peu de production également. Quoique c'est assez calme pour la prod depuis un petit moment faute de temps, il est très difficile pour moi de cumuler taff, mix, organisation de soirées et production. Mais il va falloir que je m'active un peu plus car j'ai tout de même plusieurs projets prometteurs en court avec Nebuck et No Limit qu'il serait bien de terminer.

Ça fait déjà quelques années que l'on pense à créer un label Urban Poison sans réellement avoir l'occase de concrétiser ce projet mais il reste d'actualité et verra certainement le jour dans le futur. Comme dit Fanny, je pense qu'il ne faut pas se limiter à la production de vinyles mais diversifier les activités et les supports du label. Pour ce qui est de la baisse du marché du vinyle, ce sujet m'affecte vraiment car je suis un fervent défenseur de ce support.

Est-ce que vous avez des contacts avec des organisateurs allemands ou suisses pour la réalisation de co-productions en France ou dans leurs pays ? Comptez-vous sur ces pays dont vous êtes proches pour vous développer en tant qu'organisateurs et artistes ?

Fanny et Greg : Nous avons peu de contact avec nos pays voisins, je pense que la priorité est de développer le mouvement en France (il y a tant à faire). Aussi bien sur le plan de la co-production que la co-organisation. Après c'est sur qu'un projet hors de nos frontières serait plus qu'intéressant mais ce n'est pas notre priorité.

Pouvez-vous donner votre point de vue sur les artistes hollandais qui jouent à la soirée Megarave France ? Plus largement, qu'attendez-vous de cette soirée ?

Fanny : Rien à dire sur ces artistes, c'est un beau plateau qui sort du commun. Des artistes qu'on ne voit jamais ou très rarement en France. Ca fait vraiment plaisir de jouer à leurs cotés.

Greg : Mon point de vu sur les artistes qui jouent à cette soirée ? Vince, RTC, AK47, Speedloader et Iom Factory, je n'ai jamais eu l'occasion d'assister à l'une de leurs représentations et d'après ce que je peut entendre ou lire sur leurs prestations cela me donne qu'envie de les voir et entendre jouer. DNA Dj Team et Radium j'adore leur technique de mix et leur style donc je suis heureux de pouvoir jouer à leurs cotés à cette soirée. J'attends simplement de profiter pleinement de cette soirée, de m'éclater, de me faire plaisir derrière les platines et par la même occasion qu'on fasse plaisir aux public qui sera présent.


(Dites-vous bien que ce sont ces deux zoziaux pleins d'amour qui vous en mettront plein la tête le 19 septembre ! Ne pas se fier aux apparences !)

Vous pouvez dire un petit mot au public qui viendra vous écouter à la Megarave France ?

Fanny : Une complicité avec The Snipper, un vrai battle sans se concerter avant (j'adore)... Et pour conclure un petit jeu de mot : merci Party Uniq c'est un Mega"rêve".

Greg : Un petit mot pour le public ? N'ayez pas peur, vous allez juste vous en prendre plein la gueule ha ha ! Quelques mots pour qualifier notre prestation : nervosité, dynamisme, finesse et brutalité à la fois…

Propos recueillis par Speedloader
_________________
www.megaravefrance.com

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